Journaux du Japon : Yomiuri, Asahi, Nikkei et les autres
La presse japonaise repose sur cinq grands quotidiens nationaux, Yomiuri, Asahi, Mainichi, Nikkei et Sankei, publiés en japonais avec des éditions anglaises, complétés par la NHK, les agences Kyodo et Jiji, des journaux régionaux puissants et des portails comme Yahoo! News.
Des kawaraban aux quotidiens de l'ère Meiji
À l'époque d'Edo, des feuilles volantes appelées kawaraban annonçaient incendies et faits divers. Le Tokyo Nichi Nichi Shimbun, ancêtre du Mainichi, paraît en 1872, suivi par le Yomiuri à Tokyo et l'Asahi à Osaka. La presse soutient ensuite l'effort de guerre impérial.
Cinq quotidiens nationaux aux lignes contrastées
Le Yomiuri Shimbun et le Sankei Shimbun sont plutôt conservateurs, l'Asahi Shimbun et le Mainichi Shimbun plutôt libéraux, notamment sur la Constitution pacifiste. Le Nihon Keizai Shimbun, ou Nikkei, est le quotidien des affaires. Tous publient éditions du matin et du soir.
Le japonais et les éditions anglophones
Les articles sont écrits en japonais, mêlant kanji, hiragana et katakana. Pour les non-japonisants, The Japan Times, The Japan News du groupe Yomiuri, l'édition anglaise de l'Asahi et Nikkei Asia proposent l'actualité en anglais, souvent avec un décalage.
Chunichi, Hokkaido, Nishinippon : la force des journaux de bloc
Hors de Tokyo, les journaux dits de bloc dominent leur région : le Chunichi Shimbun à Nagoya, qui édite aussi le Tokyo Shimbun, le Nishinippon Shimbun à Fukuoka ou le Kahoku Shimpo à Sendai. Chaque préfecture possède en outre son quotidien local.
Yahoo! News, LINE et SmartNews
Beaucoup de Japonais lisent la presse via des agrégateurs : Yahoo! News, LINE News ou SmartNews reprennent les articles des quotidiens. NewsPicks combine économie et commentaires d'experts. Les grands titres développent aussi leurs propres applications et éditions numériques sur abonnement.
Kyodo et Jiji, les deux agences de Tokyo
Kyodo News, coopérative de médias, alimente les journaux régionaux et propose un fil en anglais. Jiji Press est appréciée pour ses dépêches économiques et financières. Le système des kisha clubs, rattachés aux ministères et partis, organise l'accès des journalistes aux sources officielles.
NHK, service public et repère en cas de séisme
La NHK, financée par une redevance, est la référence en matière d'alertes sismiques, de tsunamis et de typhons. NHK World-Japan diffuse en anglais et propose des contenus dans de nombreuses langues, dont le français. Les chaînes privées Nippon TV, TBS et Fuji complètent l'offre.
Que lisent les Japonais de l'étranger ?
Les expatriés japonais suivent surtout les éditions numériques nationales. Au Brésil, la plus grande communauté d'origine japonaise, installée notamment à São Paulo, a longtemps eu ses journaux nikkei, voir la presse brésilienne. En France, quelques revues culturelles s'adressent aux lecteurs passionnés du Japon.
Nikkei pour la Bourse, Sports Nippon pour le baseball
Le Nikkei, qui a donné son nom à l'indice de la Bourse de Tokyo, domine l'information économique. Les quotidiens sportifs Sports Nippon, Nikkan Sports et Sports Hochi couvrent le baseball professionnel, le sumo et le football de la J.League.
Liberté éditoriale et autocensure en débat
La Constitution de 1947 garantit la liberté d'expression et la presse est diverse. Les critiques portent surtout sur les kisha clubs, accusés de favoriser la proximité avec les sources officielles et d'exclure les journalistes indépendants et étrangers des conférences de presse.
Paywalls, lecteurs francophones et recoupement
Asahi, Nikkei et Yomiuri réservent une partie de leurs articles aux abonnés numériques. Les francophones s'appuient sur la presse asiatique en ligne et sur les correspondants européens à Tokyo, puis comparent un titre conservateur et un titre libéral pour équilibrer leur lecture.
Le Japon face à ses voisins
Les relations avec Pékin et Pyongyang dominent la rubrique internationale japonaise. Pour mesurer les écarts de récit, on peut confronter la couverture de Tokyo avec la presse chinoise sur les îles Senkaku et avec les médias d'État nord-coréens sur les tirs de missiles.
Suivre l'actualité japonaise depuis l'étranger
- Choisissez une source anglophone, The Japan Times ou Nikkei Asia, pour suivre la politique et l'économie sans parler japonais.
- Installez l'application NHK World-Japan pour recevoir les alertes de séisme, de tsunami et de typhon en anglais.
- Ajoutez le fil anglais de Kyodo News pour les dépêches politiques et les annonces du gouvernement de Tokyo.
- Lisez un éditorial du Yomiuri et un de l'Asahi sur le même sujet pour mesurer l'éventail des positions.
- Utilisez un traducteur automatique sur Yahoo! News Japon pour accéder aux articles régionaux absents des éditions anglaises.
- Vérifiez la date et l'heure de publication, en tenant compte du décalage horaire avec l'Europe, avant de relayer une information.
Accès et abonnements aux journaux japonais
| Type de média | Accès | Remarque |
|---|---|---|
| Grands quotidiens (Asahi, Yomiuri, Mainichi) | Gratuit en partie | Abonnement numérique payant, tarif variable en yens |
| Nikkei et Nikkei Asia | Abonnement payant | Quelques articles gratuits par mois, tarif variable |
| The Japan Times | Abonnement payant | Accès limité sans compte, tarif variable |
| NHK et NHK World-Japan | Gratuit à l'étranger | Redevance obligatoire seulement pour les foyers au Japon |
| Agrégateurs (Yahoo! News, SmartNews) | Gratuit | Financés par la publicité, en japonais |
Repères essentiels sur les médias japonais
- Langues : japonais pour l'essentiel, anglais pour The Japan Times, The Japan News et Nikkei Asia
- Agences de presse : Kyodo News et Jiji Press
- Diffuseur public : NHK, et NHK World-Japan pour l'international
- Quotidien au plus fort tirage : Yomiuri Shimbun ; économie : Nikkei ; sport : Sports Nippon
- Fuseau horaire : heure normale du Japon, UTC+9, sans heure d'été
- Monnaie des abonnements : yen japonais (JPY)
Écueils à éviter avec la presse japonaise
- Confondre The Japan Times, quotidien anglophone indépendant, avec The Japan News, édition anglaise du Yomiuri, dont les lignes éditoriales diffèrent.
- Prendre un article du magazine hebdomadaire à scandale pour une information vérifiée d'un grand quotidien, alors que les standards diffèrent.
- Se fier à une traduction automatique pour un nom de personne, les kanji pouvant se lire de plusieurs manières.
- Partager une ancienne vidéo du tsunami de 2011 lors d'une nouvelle alerte sismique, comme cela arrive souvent sur les réseaux sociaux.
- Utiliser des sites de contournement de paywall pour lire le Nikkei, au risque de logiciels malveillants et d'articles tronqués.
Vos questions sur les journaux japonais
Quel journal japonais lire en anglais ?
The Japan Times est le quotidien anglophone historique, fondé en 1897. The Japan News, édition anglaise du Yomiuri, et Nikkei Asia, orientée vers l'économie asiatique, sont aussi très consultés. NHK World-Japan offre des articles et vidéos gratuits pour l'actualité générale.
Pourquoi les journaux japonais ont-ils une édition du soir ?
Les grands quotidiens ont longtemps publié une édition du matin et une édition du soir, appelée yukan, distribuée par portage à domicile. Plusieurs titres ont réduit ou supprimé l'édition du soir dans certaines régions face à la baisse des ventes papier.
Qu'est-ce qu'un kisha club ?
C'est une association de journalistes accrédités auprès d'un ministère, d'un parti ou d'une institution. Elle organise conférences de presse et briefings. Ce système facilite l'accès aux sources officielles mais est critiqué pour son caractère fermé envers les médias indépendants et étrangers.
Peut-on regarder la NHK depuis la France ?
Oui. NHK World-Japan diffuse gratuitement en direct sur internet et via son application, en anglais. Les programmes nationaux en japonais de la NHK sont en revanche en grande partie réservés aux téléspectateurs résidant au Japon.